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La fille et le jeune homme vacillant [partie 1]

 
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spock27
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MessagePosté le: Jeu 6 Jan - 20:20 (2011)    Sujet du message: La fille et le jeune homme vacillant [partie 1] Répondre en citant

// nouvelle que j'avais écrite en janvier 1988; profitant des mes vacances, je la remets en forme via mon traitement de texte. En lisant les premières pages, elles, tapées encore à la machine à écrire, je me suis dit que j'aurais pu pondre un texte pareil en 2010 (enfin... 2011). Sans prétendre avoir éliminé toutes les répétitions, je la mets néanmoins en forme et c'est la raison pour laquelle je me permets de proposer un texte... aussi vieux.
Ce sera fait par tranche de trois pages, sachant que le lecteur est vite découragé, même quand on l'avertit qu'il s'agit bien d'une nouvelle. 8 janvier (corrigé autant que possible les répétitions)
Pas plus de trois pages à chaque fois. Promis juré. A vous de voir donc, à vous de lire ? peut-être Smile //

J’ai eu juste le temps de faire un zoom sur la pièce et il avait commencé à parler. Une élocution facile cependant que les mots arrivaient difficilement.Je veux dire, plutôt que ses phrases s’imbriquaient les unes dans les autres, agréables, belles bêtes avec des fusions de sens, mais elles arrivaient parfois à se distancer. Ainsi, avant même de m’asseoir, j’ai eu l’espace même d’une idée, l’impression que quelque chose avant changé dans la chambre. Ce n’était certes pas la chaise qui au millimètre était à la même place ; dans une autre entrevue, il s’était assis là. On aurait pu croire qu’il s’assiérait là indéfiniment. Il se levait rarement, mais toujours avec brusquerie, constatant avec cette impression de lenteur qu’il dégageait toujours. Il se levait aussi avec souplesse et sa chaise ne bougeait pas alors. Non ! Le changement n’était pas là, ni dans les vêtements banals qu’il portait, jeans et t-shirt ; c’était de cela qu’il se vêtait.


Je l’ai vu une seule fois se vêtir en veste de daim, couleur brune, claire, vous voyez, ce genre de veste que l’on ne peut s’empêcher de caresser. Véritable seconde peau, douce ça et là, ou du moins, c’est comme cela que je me l’imaginais.

J’avais une claire attirance pour le daim, nonobstant le fait que des animaux étaient morts pour cela, ce cuir symbolisait pour moi certaines formes de délices. Et se mouvoir là-dedans, oui !, on se sentait bien, même si cette sensation s’émoussait à la longue, il suffisait de ne pas sortir trop souvent.
Non. Ce qui avait changé dans cette pièces, c’était les vues que l’on avait plaquées à un pan d’un mur, choix symbolique au possible. L'une représentait le christ, une belle image en somme, légèrement naïve et délicate et qui demandait adhésion et une autre, qui demandait habilité. C’était son pendant hindou. On y voyait un dieu aux couleurs pastel et aux formes ondulantes, mouvement subtils de danse pour un dieu pour nous irréel, si touchant et si sérieux dans le don de son message et lui levait la main au ciel. (*)


Ce qui avait changé, c’était la seconde de ces images, il n’y avait plus l’original. Le jeune homme voulait-il mettre l’image en lieu sûr, la préserver du soleil ? La mettre à l’abri du regard, du moins pas sous sa forme originelle. Je n’aurais su le dire et je n’aurais eu garde de l’interrompre. Les questions étaient multiples. Il suffisait d’ouvrir les yeux, le temps, les minutes qui s’écoulaient apporteraient à chaque forme d’inquiétude ses réponses. Pour le moment, j’étais calme, le cadre aéré des deux pièces, je n’avais pas encore vu la cuisine m’était familier.


Ce que je ne pouvais voir vraiment, je pouvais le deviner, pour ôter les masques, il faut une lenteur calculée. J’ai toujours jugé que le plus intime de l’homme résidait dans son logis ; j’y étais, on m’avait ouvert la porte et j’étais maintenant à l’écoute. Les pièces pauvrement meublées, pas d’abondance pour le regard, dans l’espace où nous nous trouvions. Il y avait deux chaises en bois, bleues, une toute petite table qu’éclairait la fenêtre et tout à l’opposé, une armoire basse à serrure, dans laquelle s’entassaient des livres et des journaux qu’un joyeux désordre empêchait de lire les titres. Au mur, deux images, dont j’ai déjà dit quelques mots, au mur faisant face, avec des couleurs franches, jaune et bleu, un joli tableau, rempli de formes géométriques, suggérant des lignes ascensionnelles vers un horizon plus pâle.


Avec ses jeux de couleurs et le jeu des densités de chacune d’elles. C’était une belle pièce assurément, dégageant une impression rassurante, qui pouvait se passer de paroles. Elle n’était pas vide de sens, comme lui, d’évidence ne l’était pas. Non, j’avais conclu d’hâtives conclusions sur lui, et d’ailleurs cette affirmation en elle-même n’était en rien consistante, elle était plus proche d’un jet, malhabile formulation que l’on émet après une première rencontre. Au début, chacun de nous parlait sans hâte mais sans se préoccuper de précision, comme on jette une matière sur la table en se promettant de faire une analyse véritable un peu plus tard. On en était là, à visionner l'ensemble, posé là en vrac. C’était nous, en bloc compact qu’il nous fallait soupeser et que le temps et les questions allaient diluer. Lui, formait des phrases autour de thèmes bien distincts, à l’écouter distraitement, on aurait cru ses paroles décousues ; il n’en était rien. Cependant, il n’abordait jamais un thème de front, jamais dans son ensemble. D’emblée, il découpait le contenu limité par lui et quand il estimait avoir absorbé le sujet, on pouvait s’attendre à une pause, puis il passait à autre chose, ou reprenait un thème sous un autre aspect.

J’imaginais un peu sa conversation sous forme spatiale. Il concevait aussi d’ailleurs que les pensées étaient aussi à l’origine des formes et dès lors, penser spatialement n’était pas aussi absurde. Je l’imaginais prendre dans sa main, des boules aux infinis aspects, boules d’intentions, boules de questions qu’il contournait par des mots et effaçait une par une les plaquettes d'isolation, en les vidant leur contenu. Il parlait de l’isolement, en confrontant ce concept avec sa boîte crânienne. Il enfermait ce mot dans cette caisse osseuse, en m’expliquant que pour lui la vie en elle-même, c’est à dire la première perception du monde qu’il avait, se faisait d’abord au niveau de la tête. Il percevait l’univers, son univers qu’au-delà de ce mur de chairs et de charpentes. Toujours, il avait cette impression que les sensations partaient de son visage et de ce gouffre qu’il ressentait comme infini et pourtant, pour ainsi dire, englobé, limité, situé bien clairement derrière ses deux globes oculaires. Deux traversées de lumière qu’il percevait sans cesse, ainsi que la peau de son crâne, surface sans peau, qui l’emprisonnait, chaque minute de sa vie et qui l’empêchait d’aborder le monde d’emblée et les autres de façon plus ouverte. Il se sentait différent des autres, non pas une différence bien visible mais parce que le siège central de ses sensations était ainsi si fortement focalisé. Et que par là-même et en lui-même résidait l’obstacle.  Et aussi, parce que l’homme se désire tel que les autres hommes. Il ne supportait pas cette situation. Il en était perpétuellement conscient et de ses limites et du caractère de cette limite. Il percevait ainsi la chambre que par au-delà d’une autre chambre. La pièce était ainsi vue au-delà d’une autre pièce et cette pièce, zone intérieure de nature bien mentale, il ne pouvait la décrire ou du moins, il ne pouvait en faire qu’une approche. Elle pouvait être poudreuse, cotonneuse ou balayée d’une douce brise comme celle qui balayait notre espace à présent.Alors, me dit-il dans son langage souvent imagé, il avait l’esprit lumineux, les  impressions, les pensées lui parvenaient par vagues légères ou embourbées dans des eaux stagnantes et marâtres sans jamais la finesse et la vivacité propre au monde d’une pensée bien ordonnée et fluide.

Plaque de sensations, je me l’imaginais alors avec deux trouées de fureur, tendant la main chaleureusement aux autres, alors que son esprit en était si dénuée. Il y avait de quoi vivre en reclus ; perdre la tête, se meubler l’intérieur, pisser dans l’évier pour prouver que l’on existe par ce geste si vil, mais non. Décidément, rien n’était ici tragique.

Le jeune homme était vrai, nullement vague, un peu absent peut-être et il me lançait des regards timides, afin de s’assurer que j’étais toujours là. Le blanc des murs me figeait un peu mais la conversation ne s’enlisait jamais.

Il me parlait parfois de musique. En associait les sonorités aux espaces. La musique pour lui était un tapis de sons, agglomérat de notes en couches stratifiées dont il aimait les structures. Il lui plaisait de pouvoir se mouvoir dans ce continuum sonore, virevoltant d’une note à l’autre, se propulsant mentalement d’une volée sonores à une autre. La musique lui arrivait sous forme de longues rivières ou chaque bruissement l’emplissait en généreuses largesses. Etait-ce une forme de refus d’aborder le monde sonique en le découpant de si étrange façon ou bien était-il forcé de biaisé ainsi pour aborder un monde qu’il n’aurait pu aborder autrement ? Il appréciait particulièrement la musique sérielle aux structures si particulières où l’on pouvait plaisamment suivre toutes les circonvolutions tant aérées, tantôt denses et franchement bruitistes, le morceau en son entier dans un pareil élan, son esprit, son corps se propulsant avec une force semblable, tel un bolide  imaginaire. Je sortis de chez lui la tête en musique. Il faisait beau, tout n’était que silence.

(*) incompréhensible et voulu. La deuxième image est un "mix" entre le dieu Shiva et le philosophe indien Krishnamurti.



Dernière édition par spock27 le Sam 8 Jan - 16:58 (2011); édité 2 fois
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MessagePosté le: Jeu 6 Jan - 20:20 (2011)    Sujet du message: Publicité

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nine
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MessagePosté le: Sam 8 Jan - 05:44 (2011)    Sujet du message: La fille et le jeune homme vacillant [partie 1] Répondre en citant

J'ai lu le début. Ça donne envie de continuer, mais étant donné la longueur des textes, je crois que je vais les imprimer en noir sur blanc, et un peu plus espacé, pour ne pas prendre mal à la tête, et pouvoir m'installer dans un fauteuil, c'est plus confortable que devant l'ordinateur.
ne t'attends pas pas une réponse rapide, je préfère prendre mon temps !

Nine


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Dame ondine
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MessagePosté le: Sam 8 Jan - 11:57 (2011)    Sujet du message: La fille et le jeune homme vacillant [partie 1] Répondre en citant

idem, je ne peux pas lire en ligne, et j'ai aussi mal aux yeux, j'ai imprimé 1,2,3  et ferai un com durant le week-end, mais c'est vrai que le début  donne envie de continuer.

Danie
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spock27
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MessagePosté le: Sam 8 Jan - 16:08 (2011)    Sujet du message: La fille et le jeune homme vacillant [partie 1] Répondre en citant

impressionné. car le début est vraiment "space". je me suis toujours dit que si le "lecteur" passait outre les premiers paragraphes, c'était gagné.

soyez indulgentes car je vais travailler dessus cet après-midi car je sais que j'ai laissé de nombreuses répétition. les "peut-être" "tout" "ça" "cela" et le mot "vie" reviennent un peu trop souvent.

sinon, dans le fonds, c'est un histoire d'amours assez classique, avec un petit twist au 2/3 du texte

bien à vous et merci de votre lecture. c'est encourageant car je vous dis pas la masse de boulot :-/

al.


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Dame ondine
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MessagePosté le: Dim 9 Jan - 22:07 (2011)    Sujet du message: La fille et le jeune homme vacillant [partie 1] Répondre en citant

Une écriture fouillée, un vocabulaire intéressant, mais la dynamique du récit est, pour moi, un peu statique. 
 
Tous ces mots , seulement pour un décor et 2 personnagges, dont, au fond on ne sait pas grand-chose... 
 
À la fin de ma lecture, à cause de la prolificité, je ne suis pas trop sure de ce que j'ai vraiment retenu. Quelques flash, figure de proue, un homme qui ne sait pas communiquer, et, bizarrement, une veste de daim. 
 
Mais tu m'as intriguée, donc, je vais continuer en espérant un peu d'action( je n'attends pas les 3 mousquetaires! Very Happy
À moins que nous ne naviguions dans une autre dimension...tout est possible. 
 
Qui lira, saura 
 
Danie 

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