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D'une année à l'autre

 
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Chinaski
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MessagePosté le: Mar 11 Jan - 18:12 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

La nouvelle, ce n'est pas vraiment mon truc je crois. J'en ai écris vraiment très peu, trois ou quatre. Celle là date d'aujourd'hui. PS : il y a aura forcement des fautes.

D’une année à l’autre

« Un Daim blessé – fait un bon terrible –
À ce que disent les Chasseurs –
L’Extase, celle de la mort –
Puis la Fougère ne bouge plus ! »
Emily Dickinson


31 décembre.
C'est vers 23 heures qu'ils ont commencés à tomber. Un par un, puis par centaine. Au final, ils furent des milliers. Tous identiques, tous raides. S'éclatants contre les pare-brises, les vérandas et le bitume de Beebe. Sans aucunes autres formes de grâce particulière.
L'année n'était même pas encore terminée, et pourtant il fallait déjà supporter cela. Je ne sais pas exactement combien ils y en avaient devant chez moi, disposés d'une façon étrange. Comme j'ai toujours été lamentable en ornithologie, je ne pouvais évidemment pas les reconnaître. Ce n'est que bien plus tard, et surtout grâce aux journaux, que j'ai découvert leur nom : Carouge à épaulettes. Il parait que c'est une espèce de passereau et qu'ils ont un comportement colonial. Mais personne ne m'expliquait la raison de ce déluge devant ma porte.

Et puis la nouvelle année fut là, et l'Arkansas passa à autre chose. Des experts accouraient de partout et les roues des camions disloquaient les cadavres qui jonchaient la route. Impassibles quarante tonnes, continuant leurs chemins vers je ne sais quelles destinations. Lointaines, proches ou chimériques. Moi, j'ai simplement saisis mon balai et j'ai nettoyé ma cour. Je les alignais proprement, mécaniquement. J'entendais les pas de la petite Louise Mitchell se rapprocher. 6 ans et déjà très vive. C'est une vraie petite Scout Finch, la salopette en moins. Elle sautait par dessus les cadavres. Arrivée à ma hauteur, elle se détourna vers moi :
- Holden, qui a tué autant d'oiseaux d'un coup ?
Je lui ai répondu que je n'avais aucune idée sur la question. Que ce n'était peut être tout simplement pas de notre faute.
- De quoi sont-ils morts, alors ?
Tout en continuant de balayer, je lui ai dis qu'ils avaient peut être eu peur de la nouvelle année.
- Je ne te crois pas ! Et, comme si de rien n'était, elle continua son chemin, son étrange marelle au milieu du génocide.

J'ai mis les oiseaux dans un sac poubelle que j'ai amené derrière la maison. Je me disais que, peut être, certains de ces experts voudraient les voir pour les examiner. Mais à quoi bon ? Ils y en avaient encore des milliers par delà la ville. Ils n'avaient qu'à se baisser. Après tout, ils étaient sûrement tous trépassés à cause de la même chose non ? J'ai finalement décidé d'entreposer le sac poubelle dans mon petit cabanon, près des outils de jardinage. Je suis retourné à l'intérieur en essayant de les chasser de mon esprit. C'est à ce moment, avant de franchir la porte, que j'ai remarqué qu'il y en avait aussi une bonne dizaine de cadavres sur le toit. Je suis donc retourné au cabanon prendre l'échelle.

Vers le milieu de l'après-midi, mon sac poubelle était sur le point de déborder. J'en retrouvais partout, dans tous les recoins. Même dans les endroits où j'étais sure d'avoir passé consciencieusement mon ballait. Il fut d'ailleurs jamais aussi rentabilisé qu'aujourd'hui. Une belle journée. Et elle n'était pas encore terminée. Je devais passer chez le vieux Al en début de soirée. Il avait une tête de cerf naturalisée qui m'intéressait. Ne me demandez pas pourquoi, mais je l'aimais bien. Tout est venu d'une nuit où j'ai rêvé d'un cerf. J'étais dans une grande forêt. L'atmosphère était calme et une fine brume envahissait le paysage. Les feuilles, jaunâtres, tombaient. J'avançais, tout doucement, dans ce monde si paisible. Après avoir marché plusieurs minutes, je suis arrivé à la hauteur d'un petit lac. Là, un cerf majestueux était en train de boire. Un oiseau était juché, immobile, sur ses bois. Je ne bougeais plus. Une sensation de bien être et de peur commençait alors à m'envahir. C'était inexplicable. Soudainement, le vénérable cerf s'est tourné dans ma direction. Son regard me transperçait. Puis, il se mit à détaler dans le brouillard. J'ai vu alors que l'oiseau s'était envolé. Je me suis approché du lac. La berge était légèrement boueuse. Mais curieusement, il n'y avait absolument aucunes empreintes à l'endroit où se tenait l'animal. J'ai ensuite regardé l'eau stagnante. Mon visage ne s'y reflétait pas. C'est tout ce dont je me souviens.

Al habitait dans une sorte de caravane tombée de nulle part, en bordure de la ville. Il vivait dans une maison, autrefois. Mais diverses circonstances l'ont obligé à vivre comme un indien en réserve. Je suis parti vers cette étrange frontière perdue à l'aide de mon destrier d'acier, un vieux pick-up Ford très fidèle qui ne voulait pas mourir malgré des années au compteur.
Depuis plus d'une semaine, Al souffrait d'une violente rage de dent. Et comme il n'avait pas les moyens de se payer un dentiste, il calmait la douleur à l'aide de gorgés de Jim Beam au prix déjà plus abordable. A mon arrivée, il ronchonnait dans sa barbe. Je ne savais pas si c'était ma visite impromptue qui le dérangeait ou ses maudites dents sadiques.
Depuis son installation dans la caravane, Al se séparait de plusieurs objets devenus superflus : casseroles, cisailles, habits et têtes de cerfs. Il était un chasseur émérite, dans sa lointaine jeunesse. Maintenant, il ne chassait plus que ses remords et pensées avec l'aide du remède miracle de monsieur Beam. Il éparpillait ses objets dans la nature. Ce n'étaient pour lui plus que des épaves d'une vie révolue. Moi, je suis plutôt du genre archéologue mais je comprenais totalement le but de la démarche. Qui plus est, cela lui rapportait des petits sous.Al répondit uniquement en grommelant à chacune de mes questions. Le trophée était emballé sommairement à l'aide de papier journal. Le tout fixé avec de la toile isolante. C'était en général toujours le désordre ici, dans ce vieux chariot immobilisé comme ceux du groupe Donner. A l'image de tous ses rares visiteurs habitués, je n'y faisais bien sur plus attention depuis longtemps. Pour être franc, j'aimais plutôt cela. Un petit chaos bien à lui, tout chaud et unique. D'un coup d'œil distrait, j'ai remarqué que son calendrier était toujours celui de l'année précédente. Al me sorti de mes rêveries en me tendant la main. J'ai tout de suite compris que je devais régler ma part du contrat. J'ai ouvert mon porte monnaie et sortit un billet de 50. Il a ensuite empoigné une bouteille de Cutty Sark qu'il a posé nonchalamment sur l'unique table de ce minuscule paradis perdu. Le reste de la soirée, je ne m'en souviens plus que par bribes. Je sais que j'ai dormis sur une drôle de banquette. Mon dos s'en souvenait très bien.


Le lendemain, vaporeux, je suis retourné à la civilisation avec la tête de cerf trônant fièrement à l'arrière du pick-up. La journée était déjà bien avancée. Il y avait encore et toujours des oiseaux sur la route. La voirie n'avait surement pas eu le temps de tous déblayer. J'en ai écrasé quelque uns au passage, à l'image des furieux camions. Avant de réintégrer mes pénates, j'ai fais un arrêt au drugstore de Barney. Passage obligé, car mon frigo commençait à être sérieusement vide. Aussi vide que l'âme perdue de cette ville en fin de semaine. Aussi déserte que la frontière avec le Mexique. A la différence près que nos grillages, eux, ne sont pas aussi imposants que ceux disposés le long du Rio Grande. Ils ne servent qu'à délimiter les propriétés. J'ai aussi acheté de la glace, chez Barney. A travers sa vitrine, je gardais un œil sur mon trophée. Le vent froissait les feuilles de journaux et les bois commençaient à se découvrir. Je suis vite sorti, une fois mes provisions réglées, arranger un peu cet emballage précaire.
J'ai parqué mon vieux cheval fou devant la maison. Je me sentais un peu mal, rapport à la soirée chez Al. Je n'avais plus vingt ans et mon corps me le faisait sauvagement savoir. J'ai déballé la tête de cerf à l'arrière du pick-up. Je l'admirais, il avait une espèce d'aura, un charme étrange et fascinant. Une main m'agrippa soudainement par la chemise. C'était la petite Louise, encore en vadrouille dans le quartier :
- Qu'est-ce que c'est que cela ?
Je lui ai répondu que c'était tout simplement une tête de cerf.
- Et qu'est-ce que tu va en faire ?
Je voulais la mettre dans le salon. Je ne voyais alors pas trop d'autres places où l'accrocher. Louise regardait la bête d'un drôle d'air.
- Pourquoi ses bois ne sont pas tombés quand il est mort ?
Je ramassais le papier journal, tout en faisant semblant de ne pas avoir entendu la question. Soudainement, elle se mit à me tirer à nouveau énergiquement :
- Holden, Regardes !
Un carouge était posé sur les bois du cerf empaillé. C'était le premier oiseau vivant que je voyais en deux jours, le premier à tenir fièrement sur ses deux pattes. Louise, excitée, voulut l'attraper d'un geste brusque. Naturellement, l'oiseau prit ses jambes à son coup et s'envola rapidement. Il se mit à survoler le quartier avant de disparaître au loin. Louise, entre déception et enthousiasme déclara finalement.
- Tu crois que tous ceux qui sont morts, ils vont les empailler ?

La nuit tombait sur Beebe et j'avais déjà entamé un pot de glace dans la cuisine. N'ayant pas de poste de télévision, j'étais épargné par toutes ces histoires autour des pluies d'oiseaux. J'ai alors repensé à ceux qui se trouvaient dans mon sac poubelle. Je suis allé chercher ce dernier dans le cabanon. Il commençait déjà à s'en dégager une odeur des plus désagréable. Je l'ai ramené à la maison et, un à un, j'ai jeté les oiseaux dans le poêle. J'y ai même mis le sac poubelle, histoire de m'en débarrasser une fois pour toute. Posé sur la table de la cuisine, mon cerf scrutait le plafond de sa nouvelle demeure. J'ai eu pourtant l'impression qu'il m'avait observé pendant que je jetais les cadavres dans le feu. Je ne m'étais pas encore occupé de lui, j'étais trop pressé de m'asseoir et de manger de la glace une fois rentré. Je suis allé une nouvelle fois au cabanon, chercher des clous et un marteau. Le salon ne me convenait plus. Idem pour le corridor. Il n'avait définitivement pas sa place au rez-de-chaussée. Je l'ai saisi et je l'ai monté au premier étage. Je l'ai transporté jusque dans ma chambre et je l'ai posé sur les draps en patchwork de mon lit. C'était un vieux souvenir de famille, les draps. Le genre de chose que l'on se passe de génération en génération. Sans prendre la peine de me déchausser, je suis monté sur le lit et j'ai planté un clou au dessus du sommier. J'ai finalement accroché ce brave cerf. Quand je suis redescendu à la cuisine, la chaleur était devenue étouffante. Et le reste de glace avait fondu.


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MessagePosté le: Mar 11 Jan - 18:12 (2011)    Sujet du message: Publicité

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spock27
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MessagePosté le: Mar 11 Jan - 18:46 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

mon cher, attends-toi donc à des "hé bien, et la suite" car il est vrai que cette question, je me la suis posé.

et je pense que pour toi, le récit finit comme ça et c'est à prendre ou à laisser

en tous cas, pour quelqu'un qui écrit peu de nouvelles, je te prie de croire que cela ne se remarque pas. celle-ci est bien structurée. quelques dialogues quand i faut (j'ai énormément de problèmes avec eux), une petite intrigue louchant vers Stephen King et une atmosphère qui s'installe bien sur quelques pages.

bref, je me suis bien amusé et j'ai été intrigué.

pauvres oiseaux, pauvre cerf et tant pis pour le réveillon Smile

al.


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Dame ondine
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MessagePosté le: Mar 11 Jan - 19:02 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

Texte parti à l'imprimerie pour être lu dans le confort d'un fauteuil plutôt que sur les horribles chaises que l'on s'escrime à coller devant la toile.

à suivre

Danie
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Chinaski
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MessagePosté le: Mer 12 Jan - 13:00 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

Merci pour ton commentaire Spock, et pour ta lecture Danimaidan.

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Dame ondine
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MessagePosté le: Mer 12 Jan - 22:27 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

Comme dans vos poèmes, il y a cette atmosphère. Vous savez avant tout planter un décor, lui donner une personnalité propre, une saveur particulière. 
 
J'ai pensé à ces films am♪0ricains qui se passent dans ces villes au milieu de nulle part, où il ne se passe rien, l'ennui sortant par toutes les pores.Je ne sais si vous connaissez la s♪0rie Twin Peak du metteur en scène David Lean? Ce sont de ces endroits où l'on a l'impression que tout peut arriver. 
 
Votre ♪0criture est si précise qu'il vous faut peu de mots pour donner à voir. C'est un don. 
 
Le personnage,  pour moi,  il tient en ces quelques mots: «Moi, j'ai simplement saisi mon balai et j'ai balayé la cour », tout un pprogramme. L'apparition de la petite fille, semble si naturelle aussi. 
 
J'aime l'humour imperturbable qui apparait ici et là{ mon balai}« il fut d'ailleurs jamais autant rentabilisé» 
 
Le passage du rêve  est, je dirais bizarrement, réel. 
 
De nouveau, la partie chez le vieil Al est si bien composée qu'on s'y croirait. 
 
La conclusion, inattendue, le sacrifice par le feu [ qui, maintenant que j'y réfléchis, vous ressemble assez, enfin je pense à l'impression donn♪0e par certains de vos poèmes] et le symbole de la glace fondue sont juste ce qu'il faut pour emmener le lecteur sur le chemin du rêve. 
 
Bien sûr que vous pouvez écrire des nouvelles Chimaski, vous êtes un conteur né. Alors, je vous en prie, ne vous en privez pas, ne nous privez pas du plaisir de vous lire. 
 
Bien à vous.  Danie 
 

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Chinaski
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan - 06:48 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

Merci Dani d'avoir prit le temps de me lire et de commentaire !
Je répondrais (ou m'expliquerais) de manière générale plus tard, quand j'aurais plus de temps à disposition.
Merci encore !


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Chinaski
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan - 11:17 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

Alors :

Comme l'a dit Spock, je sais que l'absence d'histoire et une fin pareille peut déstabilisser. "L'absence d'intrigue", si je puis dire, est voulue. Ce n'est qu'une poignée de journée dans la vie d'un homme. Des journées banales, monotones, comme l'a soulignée Dani. Donc, il ne s'y passe pas grand chose d'exceptionnel.

Après, il est très dur de parler de ses propres textes, de s'auto-analyser. Je l'ai écris ainsi, sans trop me poser de questions quand au développement. Je savais, à peut prêt, les grandes lignes. Après, à vous d'en faire ce que vous en voulez.
Après plusieurs reléctures et corrections, j'ai vraiment l'impression que j'ai découvert moi-même plusieurs choses dans mon propre texte.
Je crois que l'un des thèmes principaux est, peut être, l'instinc. Le personnage principal est très instinctif. Il ne se demande pas pourquoi les oiseaux sont morts. Pour lui, c'est plutôt un déluge, un signe, un évènement singulier. Un symbole, oui il est probablement très symbolique.
Il achète la tête de cerf car il en a rêvé, c'est très instinctif aussi. Il le clou finalement autour de son lit, comme pour en faire une espèce de protection (comme les Indiens) contre ses mauvais rêves.
Le fait qu'il ne se réflète pas dans l'eau, dans son rêve, peut aussi être le symbole qu'il a perdu sa conscience. C'est un homme qui, je crois, est perdu d'une certaine façon. Il n'a plus de traces, comme celle du cerf.

Ils y a, évidemment, beaucoup de références à la littérature et à l'Histoire américaine (la référence à Scout de "To Kill A Mockingbird", encore des oiseaux, et le fait qu'il s'appel Holden comme Holden Caulfield).
Al, lui, peut représenter une espèce de métaphore de l'Amérique de la fin du 19ième. Il sort d'ailleurs de la ville.
Dans les autres choses "voulues", le fait que le héro ne "dialogue pas". Il répond toujours par la forme écrite "je lui ai répondu...", alors que les dialogues de Louise sont noté de façon basique, avec le - originel. Al, lui aussi, ne parle pas. La petite Louise est la seule personne douée de parole.

Voilà ce que je peux en dire pour le moment. C'est en tout cas ce que je vois là dedans.


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spock27
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan - 13:42 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

ce serait bien que tu parles de ta façon d'écrire des nouvelles car même si tu dis (prétends Smile
que les nouvelles ne sont pas "ton truc", le résultat est quand même là. pour quelqu'un qui pratique peu la chose, c'est pas mal, pas mal du tout.

par en parler, je suis surtout intéresser [et j'espère d'autres personnes ausssi; sinon, quel intérêt] par le processus mental qui se déroule avant d'écrire. sais-tu déjà à l'avance ce qui va arriver à tes personnages, les visualises-tu ainsi que les décors (pièces, décors extérieurs). essayes-tu d'avoir une accroche (un début intriguant), une finale avec rebondissement ou non ? est-ce qu'il t'arrive de changer le cours de l'intrigue pendant que tu écris (l'idée du cerf, pourrait t-être venue en cours d'écriture; c'est ça que je j'appelle "changer l'intrigue", etc.

est-ce très différent d'écrire une nouvelle ou une poésie ? préciser. les plaisirs quant tout est finalisé est-il différent et si oui, en quoi est-il différent.

si tu as le courage de répondre ici ou bien, y a-t-il une autre rubrique plus adéquate. je pense que ce serait pas mal de développer...

al.


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Chinaski
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan - 14:18 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

Je vais essayer de répondre à tes interrogations, même si je ne pense pas être la personne la plus appropriée.

Citation:
sais-tu déjà à l'avance ce qui va arriver à tes personnages, les visualises-tu ainsi que les décors (pièces, décors extérieurs).


Dans le cadre de cette nouvelle, je ne savais pas du tout comment l'histoire allait se terminer, ce qu'allait faire le personnage. Je sais que je voulais écrire quelque chose où cette histoire concernant les oiseaux allait apparaître en toile de fond. Et je me suis dis qu'une nouvelle serait peut être mieux qu'un poème. J'ai pensé à un ou deux début possibles, puis j'ai commencé.
Mes personnages, oui je les visualises. Je sais à quoi il ressemble, ainsi que leur entourage et environnement, mais je n'en fais pas description.

Citation:
Essayes-tu d'avoir une accroche (un début intriguant), une finale avec rebondissement ou non ?


J'ai essayé d'avoir un début qui attaque directement dans le vif. Quand à la finale, je ne savais pas du tout comment le reste de l'histoire allait se développer. Donc je n'y ai pas pensé vraiment à l'avance.

Citation:
est-ce qu'il t'arrive de changer le cours de l'intrigue pendant que tu écris (l'idée du cerf, pourrait t-être venue en cours d'écriture; c'est ça que je j'appelle "changer l'intrigue", etc.


Quasiment tout me vient en cours de l'écriture. Ce qui fait que chaque nouvelles choses ou éléments peuvent changer radicalement le cours du récit.


Citation:
est-ce très différent d'écrire une nouvelle ou une poésie ? préciser. les plaisirs quant tout est finalisé est-il différent et si oui, en quoi est-il différent.


Pour moi, c'est très différent. Ce sont deux modes d'écritures incroyablement différent je trouve. Il est d'ailleurs plus rapide "d'oublier" l'écriture d'un poème que celle d'une nouvelle. Pour cette dernière, j'ai repensé souvent à certains passages ou personnages, en essayant de savoir pourquoi ils ont fait cela ect...
Quand à un poème, cela me demande moins de relecture, même si l'immersion est parfois forte. Après 2h, il peut être oublié complètement.


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Dame ondine
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan - 15:29 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

je voudrais retenir 2 choses de la réponse de Chinaski, c'est que, d'abord, nouvelle, et même poême, pour moi, également ,se développent au fur et à mesure, je pense qu'il y a des auteurs qui ont sans doute besoin d'un plan, moi j'y arriverais jamais, c'est bien trop rigide, le personnage doit vivre et bien de mes poèmes ont glissé en cours d'écriture sur des pentes que je n'avais certes pas envisagées au début

Ensuite, je suis d'accord qu'il est assez facile d'oublier un poème que l'on a écrit[ c'est pourquoi beaucoup d'auteurs ré-utilisent les mêmes mots, parlez-en à Automnale, elle a un oeil d'aigle pour ça]
Ceux que l'on conserve, en tant qu'auteur je veux dire sont ceux qui nous tiennent plus par le coeur et le sang, je crois.

Enfin, je voudrais faire mien cet axiome

                                      « à vous d'en faire ce que vous en voulez »,

c'est bien le but de l'écriture, non? emmener le lecteur sur une piste, lui donner un coup de pouce et non pas imposer notre monde intérieur à tous prix

Du moins c'est ainsi que je le ressens.

Danie
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spock27
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan - 15:57 (2011)    Sujet du message: D'une année à l'autre Répondre en citant

c'est bien. tout le monde joue(nt) le "jeu" et on apprend.

Pour Danie. la chose que je retiens est que le début du processus d'écriture pour un poème ou pour une nouvelle est très différent
-je ne pense pas spéculer en disant que pour un poème, on peut partir avec juste une phrase ou une partie d'un vers; pour une nouvelle, c'est impossible

il faut au minimum avoir camper quelques personnage, un début d'intrigue (peu importe ce qu'on imagine derrière ce mot : quelques actions, une vision "ici" d'oiseaux qui tombent morts et on démarre là-dessus; intrigue donc non pas comme "et une bande de voleurs se décident pour une attaque d'une banque...", ça peut-être bien plus vague

ensuite, soit - pour moi (à 99% des cas), je sais comment je démarre, je sais le gros du corps du texte (quitte à développer en chemin / mais il me semble que je change peu de directions en cours de direction; moins que Chinaski) et la fin

sauf pour la nouvelle proposée ici : j'essaye de toujours avoir une accroche (un début qui fait que le lecteur suit/ à envie de poursuivre) et je soigne ma finale. parfois, c'est impossible. dans "la fille...", c'est assez mental; l'histoire est simple, entre trois personnages, il n'y a pas de grosses surprises. tout est axé sur "l'ambiance", proche du vide ici car les personnages sont visiblement déconnectés de la réalité !

là, on diverge. Chinaski ne l'a pas fait. je pense aussi car il a choisi le mode "nouvelle" car le mode "poème" ne lui convenait pas. familièrement dit : le véhicule littéraire dit "poésie" ne convenait pas !

je suis content que Chinaski développe ceci. la nouvelle demande une relecture et par ce fait-là, très pragmatique, on l'oublie moins vite. il se peut que certains auteurs peaufinent leur poème et donc l'ont "en tête" des jours, voire des semaines; là, on est tous les deux dans le même trip

ce qui me fait plaisir... à la relecture, Chinaski comme moi, nous nous posons des questions quant aux personnages, comment ils auraient pu évoluer ou même, pourquoi ils ont fait ceci ou réagit comme cela !

in fine, dans les grandes lignes, Chinaski et moi, nous écrivons de la même façon. je suis beaucoup plus lent mais le processus semble le même !

merci à toi, Chinaski,

merci à Danie, pour le com'

en espérant que cela intéressera d'autres "lézards" :-)

al.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:34 (2016)    Sujet du message: D'une année à l'autre

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