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Une Abbaye cevennole

 
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Capricorne
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MessagePosté le: Lun 14 Mar - 11:24 (2011)    Sujet du message: Une Abbaye cevennole Répondre en citant

En l'honneur de SPOCK.



UNE  ABBAYE  CEVENNOLE
 

 

 

Aux fins fonds des Cévennes, dans les temps très anciens, des moines avaient construit une bien belle abbaye. Le site donnait un avant goût du paradis. Il était situé dans un creux formé par deux montagnes, à l’endroit même, où Dieu avait dans sa grande bonté, fait jaillir une source cristalline et musicale. Les hommes de Dieu animés par une foi sans bornes avaient œuvrés pendant des lustres, afin que cette maison de Dieu vienne fleurir le paysage austère de cette région déshéritée.
Les hommes de Dieu avaient arrachés les souches, ôtés les roches, pratiqués la culture en terrasse, amenant une prospérité qui rejaillissait sur toute la région, grâce à leurs leur commerce avec la population de ces montagnes. La vigne et le miel adoucissaient et embellissaient la vie monacale et celle des cévenols habitués à la dure vie des descendants des parpaillots et cathares.
Et puis avec l’opulence, les mœurs des moines se relâchèrent, des liqueurs de toutes sortes dont l’abbaye avait fait sa réputation, aidèrent peut-être à cette dégénérescence. Ce que voyant, Dieu dût prendre des mesures de rétorsion à l’encontre des fauteurs. Il résolut de punir la communauté en les privant de ce qu’ils avaient dédaignés le plus : l’eau. Dieu tarit la fabuleuse source qui était à l’origine de la richesse de l’abbaye.
 Les moines déconcertés se concertèrent ! Dans la salle du chapitre on entendit de forts éclats de voix. Hélas les voies divines étant impénétrables, l’abbaye périclitait rapidement. Une rivière passant derrière la montagne, le prieur instaura la corvée d’eau. Ce travail de titan
Fut la cause de la mort de plusieurs moines tellement la tâche était rude.
Les moines alors s’engloutirent dans le recueil, les pénitences et la prière, mais le seigneur hélas, continuait à faire la sourde oreille.
Voyant le chagrin de ses frères en religion, un moine à l’âge vénérable, un jour demanda audience au prieur. « Il faudrait mon Père, déplacer la montagne située juste au dessus de l’abbaye et ainsi la rivière qui se trouve derrière, épouserai la pente la plus favorable et viendrait arroser nos terres »
Le prieur dont la foi n’avait jamais déplacé des montagnes, regarda le vénérable avec son œil critique et soupçonneux. Il craignit que le vieux moine n’ait puisé dans la dernière réserve de bénédictine, pourtant scrupuleusement enfermée à double tour dans la cave. Son gros nez reniflant l’haleine du vieillard il se rendit compte qu’il n’en était rien.
Sur l’insistance du vieux moine, et devant la désespérance de tous les frères, le prieur se résolut de réunir le chapitre afin de prendre en commun une décision. La réunion fut orageuse car le vieux moine leur avait avoué que sa solution passait par l’intervention du diable. On lui demanda des explications plus circonstanciées, mais le vénérable répondait inlassablement : « Ne craignez rien mes frères, je promettrais au diable tout ce qu’il voudra, mais il n’aura rien que la punition divine qu’il mérite depuis déjà top longtemps! »
Tous les moines étonnés, inquiets mais impuissants à résoudre le problème par des moyens naturels se consultèrent longuement. La séance fut orageuse car certains d’entre-eux n’étaient pas pressés de rejoindre l’enfer…. ni le paradis Au bout de plusieurs heures après complies, fatigué l’ensemble du collège donna son accord.
Les moines se séparèrent et chacun rejoignit son austère cellule. En effet depuis longtemps on ne voyait plus de cadavres de bonnes bouteilles joncher les dalles de pierres de l’abbaye.
Le vieux moine alors descendit à la cave où il savait trouver Satan. La conversation s’engagea aussitôt entre les deux interlocuteurs qui semblaient bien se connaître.
 Le marché fut rapidement conclu. Satan s’engagea à déplacer la montagne de nuit, avant que le chant du coq ne retentisse, et ainsi détourner la rivière de son lit en faveur de l’abbaye. En échange il réclamait les âmes de tous les moines, y compris celle du prieur qui lui avait résisté si longtemps. Ils se séparèrent rapidement car le diable devait réunir tous ses ouvriers,  tâcherons et diablotins, en vue de ces travaux titanesques. Il s’était engagé en effet à écarter la montagne et à détourner la rivière, afin que celle-ci vienne arroser les terres de l’abbaye. En échange de quoi le vieux moine lui restituerait toutes les âmes de ses compagnons.
De son côté le vieux moine, avant de rejoindre sa cellule passa par le poulailler, prit le coq, et vint l’enfermer dans son armoire.
La nuit fut effroyable car le moine, avant de se coucher avait prévenu l’ensemble de ses frères, du prix du marché diabolique. Aucun d’eux ne put fermer l’œil, tourmentés par le remords. Certains même croyaient ressentir dans leur chair, les premières brûlures des flammes de l’enfer.
Vers minuit la terre se mit à trembler, des bruits assourdissants se firent entendre, envahissant toute la vallée. Une forte odeur de soufre sortait de terre et pénétrait jusque dans les cellules des pauvres moines en prière. Les gens de la région pourtant aguerris par la violence des orages cévenols se levèrent et firent brûler des bougies en demandant la protection divine.
Le vieux moine veillait lui aussi et par sa petite lucarne surveillait les travaux des équipes diaboliques, le chantier avançait à grands pas.
Les moines tremblants de peur se réunirent alors devant la cellule du patriarche pour le supplier de dénoncer le marché avec le diable. Le vieux moine les renvoya en leur demandant de le laisser prier dans sa solitude, ils se séparèrent à nouveau pour se remettre en prière.
Un peu avant matines, alors que les travaux étaient sur le point de s’achever et que l’horizon, vers l’orient pâlissait, le vieux moine, prit sa lanterne, ouvrit la porte de l’armoire.
Aussitôt le coq trompé par la lumière lança son cri de muezzin. Au dehors ce fut un grand silence soudain et puis le bruit d’une débandade, une fuite éperdue de tous les suppôts de Satan qui prirent la fuite sans avoir achevés leurs travaux.
Au petit matin la communauté sortit de l’abbaye pour voir les premiers filets d’eau de la rivière arroser les abords de l’abbaye. Alors ce fut la liesse, après avoir rendu grâce au seigneur, les moines, y compris les convers, se dirigèrent en procession vers la cave où le prieur déjà bien éméché leur permit de rendre grâce à Dieu et… au patriarche.
L’abbaye redevint prospère et encore de nos jours si vous passez dans ce coin des Cévennes, vous pourrez voir les rocs éparpillés en cahot, car le diable dans sa fuite, a laissé derrière lui les restes de ses diaboliques travaux.
Dans un coin du jardin de l’abbaye, git une simple pierre tombale parfaitement entretenue par une main anonyme, car l’abbaye est depuis longtemps abandonnée. Au chevet de la pierre figure  un coq à la poitrine fière et sa queue est tournée vers le petit ruisseau
                      Cette belle histoire a elle aussi sa moralité, c’est que pour vendre son âme au diable, il faut être insensé ou bien ne pas aimer que l’eau !

Capricorne, le 14/03/2011
 


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MessagePosté le: Lun 14 Mar - 11:24 (2011)    Sujet du message: Publicité

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spock27
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MessagePosté le: Jeu 17 Mar - 15:23 (2011)    Sujet du message: Une Abbaye cevennole Répondre en citant

"et celle des cévenols"

hé bien là, je me marre juste parce que le mot est trop drôle !

""Les moines déconcertés se concertèrent !"
"Le prieur dont la foi n’avait jamais déplacé des montagnes,"

là, il faut être sot pour ne pas rire.

beaucoup de traits d'humour ailleurs aussi "le muezin" qui doit se sentir un peu déplacé, des trouvailles au niveau du vocabulaire "des convers", késako

"les matines". j'en ai quelques fois usé, certes, dans mes écrits. j'adore tout "ce qui est lié" aux rites dans les monastères, je ne sais si c'est pour cela que tu écris "pour Spock" ou plus simplement parce que j'aime les histoires

la tienne m'a fait beaucoup rire; je suppose que tu parles ici d'une contrée qui t'est chère; ça se sent

c'est bien amené, on s'amuse, il y a de l'humour plus qu'il n'en faut, la fin (ce que j'appelle "la chute") aurait pu être plus percutante mais c'est histoire de "chipoter" (c'est du Bruxellois ou bien on utilise également l'expression en France ?) car en réalité, ton texte est bien amené !

j'espère qu'avec Chinaski, toi et peut-être moi (encore que je n'ai plus bcp d'idées; juste un conte pour grands enfants...), nous pourrons redynamiser cette rubrique qui me tient à coeur, je l'avoue bien volontiers !

alain



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spock27
Invité

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MessagePosté le: Mar 31 Mai - 11:53 (2011)    Sujet du message: Une Abbaye cevennole Répondre en citant

le texte de Capricorne a été commenté qu'une seule fois; par moi :-)

décidément, cette rubrique est... maudite :-/

al.


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Marco57
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Inscrit le: 22 Aoû 2009
Messages: 3 763
Localisation: France

MessagePosté le: Mar 31 Mai - 18:12 (2011)    Sujet du message: Une Abbaye cevennole Répondre en citant

Mais non nous sommes là pour sauver les meubles ^^
j'ai adoré cette histoire, que dire de plus, sinon que j'en redemande et aimerais bien en faire autant
_________________
MarKus deux cendres...

Cendres de mon coeur, parfois celle de l'âme
Poète, esprit libre, solitaire et solidaire.


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