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Ephéméride 19 avril

 
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spock27
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MessagePosté le: Mar 19 Avr - 20:02 (2011)    Sujet du message: Ephéméride 19 avril Répondre en citant

On parle des 25 ans de Tchernobyl

je vais vous mettre un article en deux parties source

Deuxième partie... demain; si l'article est encore en ligne :-'

Il y a 25 ans : Tchernobyl
Niveau : initié
 
Introduction
Un mois avant la catastrophe de Fukishima, il avait été décidé au sein de l'équipe MeteoBelgique d'écrire un article sur les causes et conséquences du passage du nuage radioactif de Tchernobyl sur la Belgique dans le cadre des 25 ans de "l'anniversaire" de la catastrophe de Tchernobyl. Catastrophe du nucléaire civil majeure, elle était la seule classée de niveau 7 de l'échelle internationale des événements nucléaires, soit le plus haut niveau.
Ce mardi 12 avril, Fukushima a rejoint Tchernobyl sur cette échelle de gravité. Mais beaucoup de divergences existent pour ces deux catastrophes, de même que les conséquences sanitaires pour notre pays comme nous allons le montrer dans cet article.  

Vue de la centrale de Tchernobyl depuis la ville toute proche de Pripyat, aujourd'hui ville fantôme.


 
Animation video de l'évolution du nuage radioactif de Tchernobyl - cliquez ici
 
 
Tchernobyl : rappel des faits
Le 28 avril, au matin, un niveau de radioactivité anormalement élevé est enregistré par les détecteurs de la centrale nucléaire de Forsmark en... Suède. Rideau de fer oblige, les dirigeants de l'URSS à l'époque avaient passé sous silence l'incident. Le moment de panique passé (ils pensaient d'abord que c'était leur centrale qui présentait une fuite radioactive), il fut déterminé que cette brusque augmentation de la radioactivité venait d'ailleurs, sans doute de l'est. Ce n'est que le 29 avril , soit trois jours après  l'incident, que l'agence TASS (agence de presse de l'ex URSS) communique enfin qu'un "accident de gravité moyenne" est survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. 
Tout a commencé le 25 avril 1986 : un test était prévu sur le réacteur numéro quatre : il eut lieu un peu après 23h. Pour ce faire, des sécurités ont été désactivées, et, un malheur n'arrivant jamais seul, des erreurs ont été commises par les techniciens de la centrale.
A 1h24 le matin du 26 avril, c'est la catastrophe : après une surchauffe, une explosion survient, projetant les 1200 tonnes de la dalle de béton protégeant le réacteur; les débris en retombant, fissurent le cœur du réacteur : un violent incendie se déclare alors. L'incendie maitrisé, il faudra des jours de travail pour étouffer le cœur du réacteur en fusion par le largage de sable, de plomb et d'autres matériaux dans le trou qui libère une radioactivité incroyable. La plupart des pompiers (les premiers envoyés sur place sans la moindre protection anti-radiations) puis les pilotes d'hélicoptères, qui recevaient, à chaque largage de 8 secondes des doses 3000 fois supérieures aux doses maximales annuelles tolérées pour une personne, furent dès lors gravement irradiés : beaucoup d'eux en moururent, parfois dans les jours qui suivirent. Le 6 mai, le fond du réacteur cède, et le cœur fondu s'écoule et se solidifie 20 m plus bas dans les infrastructures, ce qui a comme effet de diminuer drastiquement les émissions radioactives. La poursuite de l'étouffement du cœur se prolongea jusqu'au 14 mai. Ensuite, la réalisation d'un sarcophage devait durer plusieurs mois, afin d'isoler au maximum le réacteur. 

Le réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl, entouré ici de son sarcophage.
 
Du 26 avril au 6 mai donc, de grosses quantités de matières radioactives ont été relâchées dans l'atmosphère (essentiellement du Césium 137 (137Cs) et  de l'Iode 131 (131I)). Ces matières se sont déplacées avec les masses d'air dans la troposphère, ce déplacement étant déterminé par les centres d'actions atmosphériques (dépressions et anticyclones). Le 26 avril (voir carte ci-dessous), un anticyclone est présent sur la région de Saint-Pétersbourg (Lenningrad à l'époque): les masses d'air de Tchernobyl se déplacent du SE vers le NO : cela explique que ce soit la Suède, premier pays occidental touché par la masse d'air qui a été touchée et qui a pu ainsi donner l'alerte. 
On emploie souvent le terme de nuage radioactif quand on parle de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl : ce terme est inadéquat, quoique, pour la bonne compréhension de l'article et parce que le vocable est resté dans la mémoire collective, nous l'utiliserons dans l'article. Il ne s'agit en fait pas de nuage, constitué de gouttelettes d'eau : ici il s'agit d'une masse d'air contaminée, et tout à fait indétectable à l'œil nu.  
La trajectoire du "nuage" radioactif.
L'animation représentant l'évolution du "nuage" radioactif ci-dessus, montre, du 26 avril au 10 mai, sa progression sur l'Europe, en fonction des centres d'actions météorologiques.
 
Pas de chance pour l'Europe de l'Ouest : nous étions, à cette époque, sous influence d'anticyclones situés sur la Scandinavie ou sur le Nord Ouest de la Russie, amenant des courants continentaux... d'est, donc de la région de Tchernobyl. La Scandinavie sera la première touchée, dès le 27 avril. Ensuite, ce fut au tour de l'Europe de l'Est le 29 avril, l'Autriche l'Allemagne et l'Italie le 30. La France fut touchée le 1er mai, en particulier la partie Est de son territoire. La Belgique devait être touchée le 1er mai au soir, pour connaître un maximum les 12 premières heures du 2 mai, avant de quitter notre territoire le 3 mai. Ensuite, avec enfin le placement d'anticyclone plus propice pour le retour de courants océanique et donc de flux d'Ouest repoussant le nuage vers l'Europe de l'Est, notre pays et l'Europe de l'Ouest de façon générale, devaient être définitivement épargnées du "nuage", les émissions radioactives du site de Tchernobyl étant entretemps fortement diminuées (voir plus haut). 
Notre pays avait parfaitement prévu la trajectoire du "nuage" et les autorités, de même que la population, avait été prévenue de l'arrivée du "nuage".
Par contre, rien de tout cela en France, où, au journal télévisé du 30 avril au soir, il était dit que le nuage s'arrêterait aux frontières de la France et qu'il n'y rentrerait donc pas. Mauvaise interprétation des services météorologiques ou décision des autorités afin de ne pas paniquer la population ? La question reste ouverte, mais la seconde hypothèse semble la plus plausible. A l'heure d'Internet, pareille désinformation ne serait sans doute plus possible.   

Au journal d'Antenne 2, ex France 2 : le "nuage" radioactif
ne franchira pas les frontières de la France.
 
Mais le passage du "nuage" radioactif au dessus de nos têtes n'est pas le seul élément à prendre en compte, et les effets restent limités lors d'un simple passage. Par contre, s'il est accompagnés de précipitations, le problème est tout autre puisque les particules radioactives présentes vont être entraînées avec celles-ci jusqu'au sol où elles vont malheureusement contaminer le sol et les plantes. Et donc toute la chaîne alimentaire, puisque les vaches qui produisent le lait et la viande s'en nourissent. De plus, certaines plantes aromatiques, comme le thym, ont tendance à accumuler les éléments radioactifs, rendant leur consommation particulièrement néfaste.
Des mesures sanitaires ont été prises en Belgique pour maintenir le bétail à l'intérieur quelques jours pour les zones susceptibles d'être touchées par les précipitations contaminées. Ce qui ne fut pas le cas en France...  
En Belgique, les précipitations ont surtout eu lieu le 3 et le 4 mai, à l'est de notre territoire notamment, mais à un moment où le plus gros du "nuage" était déjà passé (le matin du 2 mai). Néanmoins, de la radioactivité a été enregistrée dans les précipitations de ces jours-là. (voir ci-dessous : analyse de la situation au jour le jour). 
Sur base de ces précipitations et de la trajectoire du "nuage" radioactif, on a pu déterminer quelles étaient les régions en Europe les plus touchées par les retombées radioactives : elles vous sont présentées sur la carte ci-dessous. 
 
 
Qu'est ce que la radioactivité et quelles en sont les conséquences pour la santé ?
La radioactivité, phénomène qui fut découvert en 1896 par Henri Becquerel sur l'uranium est un phénomène physique naturel au cours duquel des noyaux atomiques instables, dits radio-isotopes, se transforment spontanément (« désintégration ») en dégageant de l'énergie sous forme de rayonnements divers, pour se transformer en des noyaux atomiques plus stables ayant perdu une partie de leur masse. Les rayonnements ainsi émis sont appelés, selon le cas, des rayons α, des rayons β ou des rayons γ. (source : Wikipedia) Tous ces rayons sont ionisants et réagissent avec la matière. En interactions avec les tissus biologiques, ils provoquent des cassures -entre autres- des molécules d'ADN, rendant la cellule incapable de se reproduire ou alors avec un risque important de mutations génétiques.  
Les radio-isotopes les plus fréquents dans les roches terrestres sont l'isotope 238 de l'uranium (238U), l'isotope 232 du thorium (232Th), et surtout l'isotope 40 du potassium (40K). Outre ces isotopes radioactifs naturels encore relativement abondants, il existe dans la nature des isotopes radioactifs en abondances beaucoup plus faibles. Il s'agit notamment des éléments instables produits lors de la suite de désintégrations des isotopes mentionnés, par exemple de divers isotopes du radium et du radon. Un des radio-isotopes naturels les plus utilisés par l'homme est l'isotope 235 de l'uranium (235U) qui se trouve dans la nature en faible concentration (<1 %) associé à l'isotope 238U, mais dont on modifie la concentration par des techniques d'enrichissement de l'uranium pour qu'il puisse servir à la production d'énergie nucléaire civile et militaire (source : Wikipedia).  

Les différents rayonnements radioactifs.
A ceux représentés ci-dessus il faut encore ajouter
le rayonnement γ (gamma), qui est un rayonnement
lumineux de très petite longueur d'onde,
ce qui lui permet de pénétrer fortement dans la matière
et d'y effectuer de nombreux dégâts aux molécules. 
C'est le plus dangeureux de tous.

Dans le cadre du nucléaire civil, essentiellement pour les centrales à Uranium enrichi, l'Uranium se désintègre en Césium 137 (137Cs) et en l'Iode 131 (131I). Un autre élément radioactif que l'on retrouve dans les rejets lors d'accidents nucléaires est le Strontium 90 (90Sr). Ces trois composants sont particulièrement toxiques : outre la radioactivité qu'ils dégagent, ils vont se substituer à d'autres éléments de l'organisme : Le Césium va prendre la place du Potassium, le Strontium celui du Calcium et donc s'accumuler dans les os et irradier la moelle osseuse qui à la base de la génération des globules rouges et blancs ainsi que des plaquettes, avec des risques à terme de leucémie par irradiation de cette moelle, et enfin l'Iode 131 qui prend la place de l'Iode naturel et s'accumule très fortement et rapidement au niveau de la glande thyroïde, risquant de provoquer, toujours par irradiation directe, des cancers de la thyroïde.  
Analyse de la situation au jour le jour
26 avril 1986

Dans le cadre d’un creux en altitude descendant jusqu’en Espagne et se déplaçant lentement vers l’est, une petite dépression en surface, centrée sur l’ouest de la France, se dirige droit vers nos régions. La partie occluse de la perturbation, associée à cette dépression, traverse nos régions tandis que le secteur chaud de la partie non occluse passe au sud et se contente d’influencer très temporairement la partie méridionale de notre pays, où les éclaircies sont un peu plus larges qu’ailleurs et où la température monte jusqu’à 18-19°C. Ailleurs, les maxima ne dépassent généralement pas les 15°C, et restent même coincés autour des 10°C sur l’extrême ouest du pays.

Au centre, le temps est d’abord très brumeux avec brouillards matinaux se transformant en stratus. Il pleut par intermittence, parfois de façon modérée, sous l’effet d’un nimbostratus qui se glisse au-dessus de notre pays. En soirée, la couverture nuageuse se déchire (stratocumulus et altocumulus, ainsi que quelques cirrus) pour laisser place à de belles éclaircies. Puis le temps devient orageux. En général, les précipitations restent assez modestes, mais localement on note des cotes plus élevées, avec 14 mm à Beauvechain rien que pour l’orage, et 16 mm au total.
En raison du parcours très méridional de la dépression, le vent est resté orienté entre l’est et le nord-est, à l’exception du sud du pays, où le vent a temporairement soufflé du sud-ouest. 
Radioactivité 
26-27 avril - activité ß des poussières en mBq/m3  (entre parenthèses, activité ß des précipitations en Bq/m2, si disponible) 
Coxyde : 0,5 (4,6)
Uccle : compteur contaminé (1,7)
Ixelles : 0,4  
Dourbes : compteur contaminé
Mol : 0,5 (2,9) 
  

Carte de surface du 26 avril 1986. source : IRM


 

27 avril 1986

Le creux en altitude recouvre désormais toute la France et descend jusqu’en Algérie. Au niveau du sol, la petite dépression qui influençait notre temps la veille, se trouve le matin sur les Pays-Bas et s’éloigne vers le nord-est en se comblant. À l’arrière de l’occlusion, l’air est d’origine océanique, et de nouvelles perturbations se préparent déjà à aborder nos régions.

Il s’ensuit un temps légèrement instable, avec régulièrement de petites averses et une visibilité nettement meilleure. Mais la persistance de nombreux stratocumulus entre les nuages cumuliformes (air fort humide en altitude) est responsable d’une insolation plutôt maigre.

Le vent a une forte composante méridionale, soufflant entre le sud-est et le sud-ouest, toutefois comme il s’agit d’air polaire de retour, à caractère maritime, les températures restent plutôt faibles pour la saison, comprises le plus souvent entre 11 et 14°C en Basse et Moyenne Belgique. Le manque de soleil n’est pas étranger non plus à cette fraîcheur printanière. 
Radioactivité 
27-28 avril - activité ß des poussières en mBq/m3  (entre parenthèses, activité ß des précipitations en Bq/m2, si disponible) 
Coxyde : 0,4 (0,0)
Uccle : compteur contaminé (0,2)
Ixelles : compteur contaminé  
Dourbes : compteur contaminé
Mol : 0,6 (0,0)

al.


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MessagePosté le: Mar 19 Avr - 20:02 (2011)    Sujet du message: Publicité

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