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Des produits exceptionnels pour des jardins exceptionnels 1

 
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Chinaski
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MessagePosté le: Mar 9 Aoû - 20:17 (2011)    Sujet du message: Des produits exceptionnels pour des jardins exceptionnels 1 Répondre en citant

Je viens d'écrire cette nouvelle aujourd'hui. Je l'ai relu une dizaine de fois, je n'en peut plus. Je vous la fais partager tel quel.
Je la poste en plusieurs parties, car il s'agit de la plus longue nouvelle que j'ai écris jusqu'à présent.
Comme je l'ai déjà signalé, je n'écris que très très rarement des nouvelles.
La partie 1 :

Des produits exceptionnels pour des jardins exceptionnels 
  
 
- Bordel ! La tondeuse autonome était en train de tourner comme une girouette sur la pelouse. Sûrement un problème de GPS, encore. Cette machine lui avait coûté une jolie petite somme. On pouvait lire de la colère, mélangée à une grande dose de déception, sur son visage alors qu’il tentait de reprogrammer le parcourt de la tondeuse. Il le savait pourtant très bien : il ne faut compter sur personne ici-bas. Et encore moins confier son jardin à un robot. Jamais, jamais, jamais.
Après quelques modifications sur l’écran tactile, la tondeuse reprit finalement son itinéraire initial.
Roger retourna vers sa chaise longue, tout en jetant un dernier coup d’œil à la machine. Il saisit une bouteille de Tiger dans la glacière posée à ses pieds. La chaleur était incandescente cet après-midi. Tout en portant la bière à ses lèvres, il observait la tondeuse effectuer des lignes parallèles. Le tout dans un silence absolu, chose qu’il affectionnait tout particulièrement.
 
Alors qu’il était en train de somnoler, un bruit le tira de ses rêveries. On aurait dit que quelque chose venait de tomber à terre, à l’intérieur de la maison. Posant la bouteille de bière vide qui trônait sur son ventre, il s’extirpa de sa chaise longue.
Rien d’anormal dans le salon, tout était parfaitement à sa place. Cependant, de l’activité semblait provenir de la cuisine. À pas de chat, il se dirigea vers un des tiroirs de son bureau d’où il sortit son Bruni 96.
Tout en braquant l’arme dans le vide, il prit timidement la direction de la cuisine. Il n’avait jamais utilisé ce pistolet de sa vie, et cela se voyait. Son pouls s’accélérait dangereusement.
Quantités de pensées traversaient alors son esprit. Que devait-il dire ? Haut les mains ? Ne bougez plus ? Et s’ils étaient plusieurs ? Doit-il tirer ? Des gouttes commençaient à perler sur son front.
Se ressaisissant, prenant son courage à deux mains, il déboula gauchement dans la cuisine.
- Haut les mains, on ne bouge plus !
Une jeune femme brune, accroupit en train de ramasser les débris d’une assiette brisée, sursauta.
- Roger, tu es complètement fou !
Il s’essouffla, tout en abaissant son Bruni. Ce n’était finalement « rien d’autre » que Anna. Cette dernière, en se relevant, lui jeta un regard de profond désarroi.
- Mais où te crois tu, mon pauvre, à la chasse ?
Il ne répondit pas. Son visage était en sueur. Il posa son arme sur la table avant de saisir du papier ménage afin de s’essuyer le front. Il tira ensuite une des chaises disposées autour de la table de la cuisine afin de s’asseoir.
- Je crois que j’ai eu la peur de ma vie, s’exclama t’il.
- Et moi, que devrais-je dire, répliqua Anna tout en jetant les bouts d’assiette dans la poubelle.
Roger retira le chargeur du pistolet pour l’inspecter. Il ne contenait aucune munition.
- Heureusement que tu n’es pas un maniaque de la gâchette, reprit Anna tout en se lavant les mains.
- Il n’est pas chargé de toute façon. D’ailleurs, au lieu de me sermonner, tu pourrais me dire comment tu es entrée chez moi ?
Anna referma le robinet avant de se tourner vers Roger. Il était comme pétrifié sur sa chaise. Elle ne savait pas qui, d’elle ou lui, avait eu le plus la frousse. Elle examina son front, rouge et ruisselant. Elle lui aurait alors facilement donné dix ans de plus.
- Je suis passée par la porte, comme tout le monde.
Roger fit alors un bond de sa chaise :
- Je croyais que tu m’avais rendue ta clé la semaine passée !
Anna afficha alors un léger rictus. Elle lui fit remarquer qu’elle lui avait bien rendue sa clé, mais qu’elle avait trouvée la porte grande ouverte à son arrivée.
Roger sursauta de plus belle et se mit à tourner en rond dans la cuisine en s’écriant :
- Impossible ! C’est tout bonnement impossible ! Cette porte est toujours fermée !
Il prit alors, au pas de charge, la en direction de la porte d’entrée. Stressé et inquiet, il se mit alors à contrôler le bon fonctionnement de la serrure. La porte s’ouvrait, se refermait. Il la faisait claquer sans relâche. Il entendit alors Anna crier depuis la cuisine :
- Cesses donc de martyriser cette porte !
Ce à quoi il répliqua :
- Elle fonctionne très bien ! Tu as du faire un double de la clé !
Anna s’esclaffa. L’écho de ses rires parvenait aux oreilles de Roger qui contrôlait s’il n’y avait aucunes traces de pieds de biches sur les bords de la porte.
- Quelqu’un est peut-être entré par effraction pendant que j’étais dans le jardin !
 
Anna saisit le paquet de Camel dans la poche gauche de son Jeans. Tout en s’allumant une cigarette, elle observait Roger qui allait et venait dans le salon. Avec minutie, il procédait à l’inventaire de ses meubles et objets de valeurs. Juste pour être sure que rien ne manquait à l’appel. Il était alors en train de passer en revue sa collection de verres commémoratifs.
- Non, mon cher, je n’ai jamais fais de double de cette clé. Je ne vois pas d’ailleurs pourquoi je ferais cela.
-  On ne sait jamais à quoi s’attendre avec les gens !
Elle tira quelques bouffés de sa cigarette avant de lui faire remarquer :
- Maintenant je ne suis plus que « les gens » pour toi ?
Sa question semblait faire mouche, car Roger s’immobilisa soudainement pendant quelques secondes.
- Je vois qu’il n’y a finalement plus de compréhension entre nous deux. D’ailleurs, il se mit à la regarder, que viens faire ici ?
C’était étrange, il ne se posait cette question que maintenant. Anna était adossé au mur, entre une reproduction du « Beata Beatrix » de Rossetti et la porte de la cuisine. Elle fit des ronds de fumées avant de lui répondre :
- Je ne trouvais plus cette assiette victorienne, celle que j’avais achetée à Leeds l’année passée. J’ai finalement réalisée qu’elle était encore chez toi. Mais, comme tu vois, elle m’a glissée des mains.
Roger détourna son regard. Il saisit un des verres qu’il se mit à frotter contre sa chemise.
- C’est très bien, elle n’était pas belle de toute façon. Puisque tu es ici, fais donc un tour pour voir si tu n’as rien d’autres à prendre. Comme cela, ce genre d’incidents n’arrivera plus.
Sans dire un mot, Anna se dirigea vers la porte d’entrée. Elle écrasa au passage sa Camel dans le cendrier posé sur la commode. Puis, toujours sans prononcer une seule parole, elle disparût comme une chimère.
Roger reposa avec délicatesse le petit verre commémoratif à côté de ses compagnons. Il s’installa ensuite dans son fauteuil fétiche afin d’observer sa belle collection  parfaitement alignée.  Un grand vide parcourut alors la maison. Du silence, rien que du silence. L’air, auparavant suffocant, devenait soudainement glacial. Il fixait les verres, hagard, avant d’être tiré de ses pensées par un nouveau bruit étrange. Un son strident, comme l’alarme d’une voiture. Le bruit lui parvenait de plus en plus fort chaque seconde. Il réalisa finalement qu’il s’agissait de la tondeuse autonome. Elle ne cessait d’avancer puis de reculer contre le mur de la maison.
- Bordel !


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MessagePosté le: Mar 9 Aoû - 20:17 (2011)    Sujet du message: Publicité

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