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Ring Around The Rosie (1)

 
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Chinaski
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Messages: 133

MessagePosté le: Lun 10 Oct - 13:58 (2011)    Sujet du message: Ring Around The Rosie (1) Répondre en citant

Bonjour,

J'ai profité de ces derniers mois pour un peu "laisser tomber" la poésie et me faire un stock de nouvelles. Voici donc la dernière en date. C'est l'une de mes plus longues, elle sera donc divisée en plusieurs sujets.
Merci de votre lecture.

Ring Around The Rosie

**

Le brouhaha perturba Wilbur dans son sommeil. Un drôle de remue ménage s’opérait à côté de sa cabane. L’esprit encore embrumé, il se leva péniblement. Il plongea ses deux mains dans la bassine d’eau posée sur la chaise en face de lui. Cette fraîcheur, providentielle par une telle chaleur, lui fit l’effet d’un uppercut. Ses yeux commencèrent à se faire doucement aux violents rayons de soleil qui pénétraient à travers les planches.
Il ramena ses cheveux gras en arrière, se coiffa d’un large chapeau, et fit glisser le rideau rouge qui lui servait de porte.
À trois mètres du tas de bois et de tôle qui lui servait de logis, une tente avait poussée tel un champignon. Deux petites filles, robes blanches rapiécés, chaussures noires bien usées et rubans dans les cheveux, en sortaient pour se diriger vers un pick-up Ford garé juste à côté. Elles montaient sur la plateforme arrière afin d’en descendre des valises et sacoches brunes.
- Faites gaffes les p’tiotes, allez pas vous casser le coup !
Cet avertissement provenait d’une silhouette surgissant de la forêt. Il s’agissait d’un homme élancé et au visage buriné approchant la quarantaine. Arrivé à la hauteur de la tente, il empila les branches qu’il tenait sous son bras et adressa un signe à Wilbur.
- Bien le bonjour, m’sieur !
Il se contenta de hocher la tête en guise de réponse. L’homme s’approcha et fit sortir d’une des poches de sa salopette une petite fiole qu’il tendit à Wilbur :
- T’nez, m’sieur. Ca c’est du bon.
- Non merci, mais c’est gentil répondit Wilbur tout en s’écartant légèrement.
- Z’avez tord, ca fait du bien.
L’homme ôta le bouchon de la fiole avant de la porter à ses lèvres. Après quelques gorgées, il se mit à grimacer :
- Brrrr, ça réveille !
Il adressa un sourire fortement édenté à Wilbur avant de faire disparaître la fiole. Ce dernier se contentait de regarder les filles faire des allez et retours entre le pick-up et la tente. L’homme, qui l’avait remarqué, reprit la conversion avec une lueur de gêne dans la voix :
- C’est mes gamines ces deux. On est arrivé ici hier soir. On s’est permit de v’nir à côté de chez vous. Semblez être bien installé là d’dans.
Il désigna l’abri de fortune de Wilbur du doigt.
- Ce terrain n’est pas à moi.
- M’a l’air bien chouette quand même comme terrain. D’manière, plus rien n’appartient à personne maintenant. On arrive de l’est. Y a eu des tourbillons et pleins de poussière où on était avant. Ca d’venait dangereux. Alors on a prit la route bon moment pis on a trouvé ce coin. Y a une rivière pas loin, c’est pratique.
Wilbur se forçait de continuer à sourire. L’homme lui tendit soudainement la main :
- Je me suis même pas présenté ! Je m’appelle Timoty.
Sa paume était rugueuse comme du papier de verre. Wilbur esquissa une légère grimace qu’il essayait tant bien que mal de dissimuler. Timoty se tourna ensuite vers ses filles :
- Mes gosses là c’est Clara et Ophelia. Les gamines, dites bonjour à notre nouveau voisin.
Les deux enfants, les bras chargés, exécutèrent une étrange révérence en guise de salut. Mal à l’aise, Wilbur voulait en finir au plus vite avec ces présentations qui traînaient un peu trop à son goût.
- Je dois passer en ville, je…
Timoty ne le laissa pas terminer. Il lui assena une tape chaleureuse.
- Sur, j’veux pas vous déranger plus, m’sieur. M’sieur comment d’ailleurs ?
- Wilbur.
- Dites, voisin Wilbur, ca vous dirait pas de passer manger avec nous ce soir ? C’est ce qu’on fait entre nouveaux voisins, pas vrai ? On a pas grand-chose mais c’est d’ja ça. Faut perpétuer c’genres de choses. Alors, ca vous dit ?
Wilbur semblait gêné. C’était comme s’il avait les deux pieds empêtrés dans la boue du fleuve.
- Je vais voir, si jamais je ne rentre pas trop tard de la ville.
Timoty se mit à rire :
- Sûr, m’sieur. Faut bien s’occuper par les temps qui courent.
Wilbur, après une sempiternelle dernière poignée de mains, prit finalement congé. Timoty retourna à son tas de bois et ses filles continuèrent leur étrange ballet.
Il prit le chemin de la route principal sans se retourner de peur que Timoty ne lui saute encore au cou.
Pour gagner la route, il fallait quitter le campement et suivre la rivière pendant un bon kilomètre. Wilbur s’arrêtait généralement sur une berge afin d’y faire sa toilette avant de continuer le chemin. Mais pas aujourd’hui. Arriver à la ville le plus vite possible était sa seule et unique préoccupation. Semblables à une ville déglinguée, des dizaines de tentes avaient fleuries un peu partout le long du chemin. Wilbur se sentit violé dans sa tranquillité.

**
L’agitation et les convois de migrants avaient également envahis la ville. L’avenue principale était encombrée par toute sorte de véhicules dont les toits étaient entassés de meubles, de bardas et d’êtres humains. Wilbur essayait tant bien que mal de se frayer un passage dans la cohue générale. Des coups de klaxons raisonnaient dans tous les sens. Il lui fallut quelques minutes avant d’arriver à la hauteur du « magasin général ». On s’activait également près de ce dernier. Un commis bourrait la remorque d’un camion d’une tonne de cartons ficelés à la va vite. A côté de lui se tenait le propriétaire du magasin. Inventaire à la main, il y appliquait une croix à chaque fois que le commis saisissait un nouveau colis.
Quand Wilbur arriva près de lui, il décolla son regard de sa feuille et prit un air ennuyé :
- Wilbur, combien de fois dois-je te dire que tu te déplaces pour rien ? Y a nada pour toi ici. En plus, c’est pas vraiment le jour ni le moment.
- C’est pas pour cela que je viens, Frederick. C’est à propos de Louise.
A ces mots, le propriétaire fit signe au commis de prendre une pause et s’approcha de Wilbur :
- Qu’est-ce que tu lui veux à Louise ?
Wilbur se découvrit et se mit à serrer son chapeau entre ses mains :
- C’est que… j’aimerais bien la revoir.
Il semblait profondément abattu et humilié de devoir s’expliquer. Nerveusement, il dessinait du pied des cercles dans la terre battue de la route.
- Tu crois que tu ne lui a pas déjà causé assez de torts ?
- J’ai changé, Freddy. Je suis plus le même. J’aimerais tellement la revoir encore une fois.
Frederick le dévisagea de la tête aux pieds. Ses souliers étaient maculés de boue. Son pantalon semblait littéralement se décomposer. Quant à son gilet et sa moustache à peine entretenue, n’en parlons pas.
- Si tu veux aller la voir, tâche au moins d’être présentable et dans un meilleur état.
Wilbur s’excita :
- Je bois plus, Freddy. J’ai arrêté toutes ces conneries. Faut me croire. C’est plus le Wilbur d’avant que tu as devant toi.
La bouche de Frederick dessina un léger sourire teinté d’ironie :
- Tu dis cela depuis des années. Je te connais trop bien.
- Frederick, franchement, je suis presque en train de te supplier. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse de plus ? Y m’faut l’adresse.
- Bien, répondit Frederick tout en se grattant le menton, mais ce n’est pas tout prêt. Comment tu comptes t’y rendre ? T’as pas un rond, comme d’habitude, j’imagine. Tu me diras, plus personnes en a ici.
- Je me débrouillerais. Pour ça, je sais y faire. T’inquiète pas.
Perplexe, Frederick jeta un dernier coup d’œil sur Wilbur qui se comportait tel un chien apeuré.
Puis il tourna les pages de son inventaire et en déchira la dernière qui était vierge. Après y avoir noté les coordonnés d’un geste vif et précis, il tendit le papier à Wilbur.
- Voilà, c’est l’adresse. Mais je t’en pris, ne fais pas de scandale là bas.
- Non, Freddy, je te jure. J’y vais pas pour çà.
- Si seulement ta parole avait encore un peu de valeur, soupira Frederick. Attends un moment.
Il disparut dans le « magasin général », laissant Wilbur sur le pas de la porte. Le commis avait profité de sa pause pour s’allumer le reste d’un mégot de cigarette. Il en tirait de profondes bouffées tout en regardant les voitures défiler le long de la rue. Ce cortège fantomatique semblait être sans fin.
Frederick revient avec un mince colis qu’il donna à Wilbur :
- Tiens, ce sont des vêtements un peu plus « décents ». Je ne veux pas que Louise te voie dans cet état. Pense à te laver aussi.
Wilbur voulu le prendre dans ses bras, en signe de reconnaissance, mais il fit un pas en arrière :
- Et encore un petit conseil : tu ferais bien de foutre le camps d’ici pendant qu’il en est encore temps. Moi-même, je plis bagage.
Il lui désigna de la tête le camion ainsi que les cartons au pied du commis qui venait d’écraser sa cigarette. Wilbur semblait songeur :
- Tu ne crois pas que la tempête de poussière va passer par ici quand même ?
Frederick se détourna et se remit à parcourir son inventaire. À ce signal, le commis reprit le travail.
- Peut être, peut être pas. De toute manière, il n’y a plus rien à faire dans cette région. Il n’y a plus d’argent ici. Les fermiers ne peuvent plus payer leurs ardoises et tout le monde met les voiles. C’est pas du nuage de poussière qu’ils ont peur, non. C’est pire que cela.
- De quoi alors, demanda Wilbur en réajustant son chapeau ?
Frederick s’énerva :
- Dégages d’ici ! Je ne peux plus rien faire pour toi. Et suis bien mon conseil. Pars d’ici dès que tu le pourras.


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MessagePosté le: Lun 10 Oct - 13:58 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Dame ondine
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Inscrit le: 27 Juil 2009
Messages: 7 210
Localisation: ROYAUME-UNI

MessagePosté le: Lun 10 Oct - 18:21 (2011)    Sujet du message: Ring Around The Rosie (1) Répondre en citant

Oh, non, alors, ça c'est pas juste!!! 
 
On a pas le droit de s'arrêter comme ça, en plein milieu, c'est pire que les feuilletons de Sherlock Holmes et  de Arsène Lupin, k-y z'étaient faits juste pour faire les gens acheter le journal la semaine suivante 
 
 
Mais je le jure que je vais acheter le journal, juré, craché 
 
 
ON VEUT LA SUITE, ON VEUT LA SUITE 
 
 
 
Une Lady frustrée 

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Chinaski
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Inscrit le: 28 Juil 2010
Messages: 133

MessagePosté le: Lun 10 Oct - 18:25 (2011)    Sujet du message: Ring Around The Rosie (1) Répondre en citant

La suite est dans les sujets plus bas.

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Dame ondine
Modérateur

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Inscrit le: 27 Juil 2009
Messages: 7 210
Localisation: ROYAUME-UNI

MessagePosté le: Lun 10 Oct - 18:34 (2011)    Sujet du message: Ring Around The Rosie (1) Répondre en citant

oh pardon, j'avais pas mis mes lunettes Very Happy
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Marco57
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Messages: 3 763
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MessagePosté le: Mar 11 Oct - 00:03 (2011)    Sujet du message: Ring Around The Rosie (1) Répondre en citant

On et pourtant pas samedi Baronne ^^ 
j'ai pris un énorme plaisir à lire la première parti
Pour tout dire je n'arrivais pas à décrocher les yeux de ma lecture
je vais continuer 
Merci Monsieur Chinanskhi  Okay
_________________
MarKus deux cendres...

Cendres de mon coeur, parfois celle de l'âme
Poète, esprit libre, solitaire et solidaire.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:36 (2016)    Sujet du message: Ring Around The Rosie (1)

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