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Lundi 22 Juin...15

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Les Arts et Poésie Index du Forum -> L'éphéméride des Lézards -> Ephéméride et Almanach du jour
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Dame ondine
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MessagePosté le: Lun 22 Juin - 10:33 (2015)    Sujet du message: Lundi 22 Juin...15 Répondre en citant

 
 
Commence mal l'été, où est ma pelisse? 
 
 
C'était le jour de la VERONIQUE 
 
 
 
 
C'est aussi une passe de matador et la Sainte du même nom est celle qui imprima le visage du Christ sur un linge 
 
*********** 
 
Aujourd'hui , supplément littéraire- suis un peu en retard pour le bac Very Happy - avec 2 NAISSANCES 
 
1898-1970 l'écrivain allemand Eric-Maria REMARQUE 
 
 
 
{ je profite, elle est repartie sous la couette, vu le temps} 
 
Tout le monde connait À l'ouest rien de nouveau, je suppose, la guerre de 14 vue de l'autre côté[ pour nous] par un pacifiste enrôlé d'office, et qui fut brûlé[ le livre, pas lui, ah les subtilités des propositions relatives] lors des autodafés de 1933 
 
Il itinéra beaucoup , s'établit en Suisse et obtint la nationalité américaine. 
 
 
 
[ pheww, je fais des progrès, j'aurais même pu traduire ça] 
 
 
 
************ 
 
 
1930-1981 le poète, écrivain et chroniqueur breton Xavier GRALL 
 
Attention, j'enfourche mon dada, vous pouvez passer si vous voulez 
 
 
 
C'est l'image de lui dans sa maturité que la plupart connaissent, mais j'aime aussi celle-ci, plus jeune, avec sa femme et ses 5 filles[ pauvre homme!] 
 
 
 
Et maintenant, passons aux choses sérieuses, lisez, écoutez>>> 
 

 
 
 
 
 
ET PUIS VOILA L’ETE
 
 
 
 
 
C’est toujours le même port. Les mêmes oiseaux du matin criant de joie sur les vagues de la mer. Ce sont les mêmes maisons de pêcheurs, propres et nettes, enfantines au bord de la route. Et comme la morte-eau, tranquille sur le sable, abandonne l’arc de la grève au soleil, le jour neuf délivre mille douceurs. C’est Trévignon, autrement dit la Pointe…
 
 
 
Ici aussi, les migrations estivales ont amené des êtres étranges. Ils sont rouges, tout cuits ! Ils portent des petites boîtes noires qui transistorisent des chansons idiotes. Ils ne doivent pas aimer le silence de la mer. Ils amènent avec eux les bruits de la ville. Et la poitrine sur le zinc, d’avantageuses créatures, fardées et faubouriennes, commandent sans façon le pastis rituel. C’est vrai : il existe une certaine vulgarité touristique. Elle souille nos rives et nos paysages. Je me réjouis d’être d’ici, sauvage, autochtone.
 
 
 
Les commerçants de Concarneau ont sorti leur camelote. La bretonnerie atroce fait recette : faïences mièvres, bricoles vaguement celtiques, poupées de Cornouaille. On ne vend pas encore la tête de Jakez Hélias sous un chapeau breton. Ca viendra, vive les Bretons !
 
 
 
Ce sont toujours les mêmes routes, fantaisistes, sous la bannière des châtaigniers, mes routes secrètes, cantonales et vicinales, les routes bergères, vachères, paysannes et odorantes qu’enchantent les tourterelles. C’est l’été surtout que je les emprunte, puisque les touristes, toujours empressés, les négligent. Et parfois je m’arrête pour écouter mon vrai pays, cette Bretagne qui moissonne ses blés et ses avoines, qui parle sa propre langue dans la cour de ses fermes et qui débouche son cidre rieur sur la longue table, par les après-midi lourds, pleins de mouches et d’abeilles. Et je retourne à Botzulan et puis voilà l’été…
 
 
 
 
 
5 juillet 1979
 
 
 
Xavier Grall
   
 
 C'EST UNE CHANSON
 
 
 
L’ineffable tendresse que nous avons pour les morts que nous avons aimés, seuls le chant et la musique peuvent sans doute la dire. Par-delà les tombes, la vérité reste profondément poétique.
 
Les disques qu’aimait ma mère, je les mets souvent sur mon électrophone et je crois qu’elle chante avec moi. Un roman périt plus vite qu’une chanson, il est habituel que la poésie survive à la prose. Et les chants les plus durables sont les chants aimants, chaleureux, fraternels. Nous avons encore sur les lèvres « Le temps des cerises » alors que son auteur est mort depuis plus d’un siècle, fusillé par les Versaillais. Les compositions grinçantes de Jacques Brel, n’en doutons pas, tomberont dans les oubliettes plus rapidement que le chanteur a mis pour passer des eaux des Marquises au trépas de Bobigny. Mais des générations d’hommes chanteront encore, de longues années, « Quand on n’a que l’amour », « Le plat pays » et toutes les strophes consacrées à l’amitié. On se moque de l’amour dans la cité des vivants, mais l’amour se venge quand ceux qui ont chanté ont cessé de vivre. L’amour aime l’éternité.
 
La joie réclame le chant. Il n’est pas de banquet qui ne finisse par des refrains. La peine elle-même, la longue, la patiente, la fidèle, la trop fidèle peine humaine, il semblerait qu’elle ne devienne supportable que lorsqu’elle s’exprime sur un air d’orgue, de guitare ou même d’accordéon ! Je ne dirai pas, comme Musset, que les chants les plus désespérés sont les chants les plus beaux, mais je dirai que le désespoir réside dans le fait de ne plus pouvoir chanter, ni pour les autres, ni pour soi, ni pour la terre, ni pour le ciel. C’est un scellement des lèvres, un mutisme de l’âme.
 
Octobre s’en va, s’en vient novembre. Derrière les chrysanthèmes, un dernier soleil tend sa laine sur les croix de pierre. Le vent de Bretagne scande nos paroles et nos murmures. Roulez, nos larmes. Nous saurons encore vous enchanter…
 
 
 
19 octobre 1978
 
Xavier Grall
 
(Les vents m’ont dit)
 
LES BISTROTS
 
 
 
C’est bien vrai que tout change. Les bistrots eux-mêmes ne sont plus ce qu’ils étaient. L’autre jour, à Concarneau, j’ai fui un café. Il était glacial et, si j’ose dire, sidérurgique. Le zinc était en acier, ce qui est le comble de l’absurde pour un zinc ! Tables et sièges en aluminium. Eclairage lunaire tombant tristement sous un tamis d’étain. Et que dire de ces débits tout en plastique où la grenadine et le rouge sont sur le mur et la banquette avant de colorer les verres ! Ah, quand la chimie se fait bistrotière, on n’a vraiment pas envie de remettre ça, ce qui présente, c’est vrai, quelques avantages… !
 
Ah, parlez-moi de tavernes et buvettes de jadis ! Naïves, paysannes, marines. Bars et tables en bois. Clair-obscur de sanctuaire. Et des patronnes, lentes, pour ainsi dire liturgiques, se ramenant, le torchon sur l’épaule, sous votre nez : « Et pour vous, ce sera ? »
 
Les caractères des nations se retrouvaient dans le style des caboulots. Je me souviens des ventas castillanes. Si pauvres, venteuses dans les campagnes désertées. Et les pauvres hères, parfois, s’y prenaient pour des grands d’Espagne en savourant des vins chaleureux comme des soleils. Je me souviens des pubs irlandais, de leur odeur de Guinness noire, et des ballades qu’y chantaient des paysans rêveurs burinés de pluies et de vents de mer. Les lieux étaient d’une rusticité belle, naturelle : murs chaulés du sud. Terre battue, feu de tourbe des estaminets d’Aran ou de Dublin. Et que dire des auberges bretonnes ; chêne et granit, une statuette de sainte Anne trônant parfois entre le Guignolet et le pastis. O bonne Mère !
 
J’ai toujours pensé que les pays pauvres étaient les plus typés. On enragerait de les voir céder, eux aussi, au modernisme le plus affligeant. Jusque dans l’abri de cet acte social, fraternel, vieux comme le monde : boire un verre avec lui, avec toi, avec vous...
 
   23 février 1978
 
  Xavier Grall
 
 (Les vents m’ont dit)
 
 
 
 
 
 
 
Allez, un peu plus de lecture, je souhaiterais que les caandidats au bac en prennent de la graine 
 
 :
 
Amour Kerné
 
à l’Ondine
 
 
 
Je te prendrai dans l’émotion des landes
 
muettement tu embrasseras ma terre
 
Je te prendrai dans la clarté des fontaines
 
avidement je te boirai
 
 
 
Tu portes mes amours mauves
 
dans la source des prunelles
 
écoute
 
les ajoncs et les plantes
 
vont chanter pour nous deux
 
la nuit fertile, la plage fraternelle
 
 
 
Nous referons cette Cornouaille mortelle
 
secrètement
 
dans le lit des hautes herbes
 
je te prendrai dans la grange verte
 
et ton corps aux semences mélangé
 
concevra tout un pays de fougères
 
et de genêts.
 
 
 
Ma belle amie sur la grève allongée
 
comme moi désire la mer
 
laisse-toi chavirer sous le vent des navires
 
dans la laine fragile des pluies
 
je te prendrai encore
 
tes bras ruisselant de désirs
 
serreront la bruyère de mes veines
 
 
 
Je te prendrai dans l’allée des grands chênes
 
sous tes reins efface la peine des tombeaux
 
il faut vaincre la mort au lever du soleil
 
chaque matin prends la vie à belles mains
 
dans ton regard affamé de merveilles
 
recrée pour moi les paysages que j’aimais
 
 
 
Ô femme, ma bourgade de gamines
 
mon dimanche d’écolier, ma chaumine
 
mon amour mauve, mon beau gilet
 
brode des bleuets sur le lin des détresses
 
et couvre-moi de la liesse des grands arbres
 
afin que je t’aime encore, une prochaine fois
 
 
 
Xavier Grall – La Sône des pluies et des tombes – Editions Calligrammes 
 
 
PS: je ne l'ai pas choisi à cause du titre Mr. Green  
 
 
Et pour finir, une vue de Pont-Aven qui a donné son nom à une promenade[ c'est là qu'il habita, une grande partie de sa vie, enfin tout près, dans une vieille ferme] 
 
 
 
 
********** 
 
 
SOURIRE du Jour 
------ 
 
Vu qu'aujourd'hui était un jour canin: 
 
 
 
 
[ ça se trouve dans la promenade Xavier Grall] 
 
 
à demain 
 
 
Dame-Ondine 
 
  
 
 
 
 
 
 

  
 
  
  
 
 
 
 
 
 
 
 
  
  
  
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

_________________
Life is wonderful


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